Yakuza

Voilà un film bien étrange mais qui n’est pas dénué d’intérêt, loin s’en faut.
C’est un film assez original dans le sens où d’une intrigue classique dans le milieu de la pègre Sydney Pollack en fait une immersion dans les clans de yakuza japonais. Il eut été tellement facile et banal de situer l’histoire dans les arcanes de la mafia italienne de New-York. C’est surement ce dépaysement qui fait la force du film.
 
A ce propos les codes et les rites japonais, notamment ceux des milieux criminels, bénéficient d’un traitement très approfondi. Pollack évite ainsi les caricatures et les raccourcis à propos d’une culture complexe et très balisée. Ce décalage entre la culture occidentalo-américaine et japonaise est illustré par le personnage principal qui découvre en même temps que le spectateur le code d’honneur de ces homologues nippons.
Plus concrètement, c’est vraiment surprenant de voir Robert Mitchum dans un tel film. Souvent perçu comme un archétype du mâle dominant américain dans nombre de westerns ou de de films noirs, on le voit se plier aux codes très fins du Japon. Il parait être aussi à l’aise dans les salons japonais que pourrait l’être Christine Boutin dans un salon de l’érotisme. C’est dire !
 
L’histoire, co-signée par un Paul Schrader à qui on devra un peu plus tard celles de Taxi Driver ou Raging Bull, est assez intéressante et recèle agréablement son lot de rebondissements et de chausse-trapes.
 
Selon moi, le gros problème du film est sa longueur. J’ai trouvé l’ensemble de « Yakuza » trop mou, chacune des scènes étant parfois interminables. Si il n’est pas préjudiciable d’adapter la mise en scène à la lenteur des codes japonais, je trouve qu’inscrire l’ensemble du film dans un faux rythme est vraiment néfaste.
 
Bref, Yakuza est une petite trouvaille se situant entre film d’ambiance et carte postale nippone. Renforcé par une histoire bien construite, le film pâtît toutefois de son manque de rythme. C’est dommage !

 

Publicités

Zodiac

Et dire que la première image du film est une phrase affirmant que l’histoire est issue de faits réels…Après avoir vu le film voilà qui fait froid dans le dos !
David Fincher, a qui l’on doit le fameux « Seven », s’attaque à l’histoire aussi sordide que passionnante de ce tueur en série mystérieux qui accompagne ses forfaits de lettres destinées à la presse et à la police.
Zodiac
J’ai trouvé la trame générale du film passionnante. Le réalisateur a une façon très plaisante d’embarquer le spectateur au cœur de l’histoire en choisissant de mettre l’accent non pas sur le tueur mais sur les personnes qui sont à sa recherche. De ce fait, j’ai eu l’impression d’être le témoin privilégié de l’avancée de l’enquête policière et journalistique dans chacun de ses détails.
La mise en scène est vraiment agréable car elle est assez vive pour ne pas alourdir le propos.
De la même façon, l’interprétation est plutôt au niveau avec une mention spéciale pour Mark Ruffalo dont j’ai beaucoup apprécié le travail.
Pour moi, le gros point faible du film est sa longueur. Si les premières cent minutes sont captivantes, la dernière heure est interminable. Je m’explique : la seconde partie du film est centrée sur Robert Graysmith qui reprend de façon quasi obsessionnelle toutes les données de l’enquête policière. Il ressasse ainsi des centaines de détails, d’hypothèses et de théories déjà passées en revue précédemment. L’effet que tout cela produit est celui de la saturation et éventuellement du mal de crâne.
J’ai trouvé que cette dernière heure brisait le coté nerveux du film et n’apportait finalement pas grand chose à l’intrigue générale. Le dénouement même du film semble un peu incongru et m’a laissé bien perplexe.
Pour résumer, « Zodiac » est un film intéressant et bien réalisé mais qui souffre de trop grandes longueurs pour être apprécié dans sa totalité.
PS : Pour celles et ceux qui auraient déja vu le film et souhaiteraient en savoir plus sur le « vrai Zodiac ».

Whiteout

Beau défi pour le réalisateur Dominic Sena de placer une enquête criminelle à propos d’un homicide au milieu du pôle sud. Néanmoins, il ne suffit pas que le challenge soit ardu : il faut qu’il soit accompli.
Whiteout
Malheureusement, je crois que le défi n’est pas relevé.
J’ai perçu ce film comme peu abouti à tous les étages qui le composent.
  • L’intrigue est assez peu originale
  • La base scientifique s’apparente plus à un hôtel d’Hawaï en plein Springbreak
  • Les personnages sont assez caricaturaux
  • Le rebondissement-qui-tue est assez prévisible
  • La mise en scène est peu inspirée
  • La B.O. est agaçante car hyper-symphonié (j’invente des termes aujourd’hui).

Malgré ses efforts, Dominic Sena ne parvient jamais à insuffler à ses personnages la profondeur qui aurait suscité l’empathie chez le spectateur. Le coté convenu et classique du caractère des protagonistes ainsi que la manque d’ambition de l’intrigue m’ont donné l’impression de regarder un téléfilm de TMC dont le titre aurait pu être « Glace fatale » ou « Meurtre polaire ».

Même Kate Beckinsale, pourtant épatante dans « Le prix du silence », est décevante.
Bref, « Whiteout » est un film bien moyen mais qui a au moins l’intérêt de présenter une belle carte postale de l’Antarctique.
PS : Regarder des scènes d’action en pleine tempête polaire est plus difficile que de regarder un film sur Canal + …. avec le cryptage !

Walkyrie

Je ne réécrirai pas ce que j’ai déjà écrit à propos de ma réserve naturelle devant les films historiques comportant la mention « basé sur des faits réels ».
Une fois ceci dit, j’ai dans l’ensemble apprécié ce film qui raconte une tentative de putsch contre Hitler et qui nous conduit forcément à nous poser la question de savoir comment se serait déroulée la fin de la guerre si cette initiative avait pu être couronnée de succès. Vaste question pour une réponse hypothétique.
Walkyrie
J’ai trouvé la mise en scène assez fidèle aux situations même si je regrette que Bryan Singer ait abusé de nombreuses fois des effets de suspens de type « musique oppressante + battements de cœurs + regard nerveux en gros plan ». Hormis ceci et quelques morceaux de bon sentiments plutôt convenus, je me suis laissé agréablement embarqué dans l’intrigue.
L’interprétation est à la hauteur même si je trouve que Tom Cruise n’a pas forcé son talent (enfin, celui qu’on lui prête d’ordinaire) en incarnant un rôle de héros au grand cœur qu’il doit interpréter dans 50% de ses films.
Bref, un bon film aussi bien pour l’histoire qu’il relate que pour la qualité de sa reconstitution.

Watchmen, les gardiens

Watchmen, les gardiens

Et bien voilà un film de super-héros bien différent de ceux auxquels nous sommes habitués depuis une bonne dizaine d’années.
Je ne peux pas donner une quelconque appréciation concernant la qualité de l’adaptation des 5 comics duquel « Watchmen » est tiré. A titre d’info les comics concernés sont ceux écrits par Alan Moore et dessinés par Dave Gibbons.

Le film est assez atypique.
Il nous dépeint la vie, vraiment pas rose, de six personnages sortant du commun par leur activité de justiciers masqués. Le film dans son ensemble est l’occasion d’apprendre le parcours personnel de chacun, leurs désespérances et leurs réussites.

Plusieurs éléments m’ont particulièrement plû :

La part humaine des super héros : Bannis par la société, ils sont en proie à la dépression, la violence, la corruption. Bref, comme tout à chacun, ils subissent les pressions diverses et variées de la vie quotidienne. C’est d’ailleurs le coté si banal et commun de ces « héros » qui les rend finalement si extraordinaires.
La durée : 2h42. Ce temps est exploité à merveille par Zack Snyder qui a ainsi le temps d’aborder chaque personnage de façon plus approfondie. L’avantage est que je ne me suis pas senti piégé dans un course survitaminée aux effets spéciaux, aux rebondissements et actions de bravoure héroïque.
La liberté de ton : Que ce soit au niveau des scènes de violence ou au niveau des dialogues, la liberté de ton et de mise en scène est visible à l’écran, loin du formatage hollywoodien classique. Il a d’ailleurs été classé « R » par l’oncle Sam.
L’uchronie : Sans être déconnecté de l’Histoire, le film s’inscrit dans une histoire réécrite. Les USA ont gagné la guerre du Vietnam, le watergate étant étouffé Nixon a été réélu, la guerre nucléaire sovietico-américaine est imminente… Un vrai plaisir de voir des personnages évoluer dans ce monde si réel et pourtant imaginaire !

Bref, un ovni dans ce genre cinématographique, à voir ne serait-ce que par curiosité.

Le village des damnés

« Le village des damnés » est un remake du film éponyme de 1960 basé sur le roman « The Midwich Cuckoos » de John Wyndham.
Le village des damnés
Je me faisais une petite joie de voir ce que John Carpenter pouvait faire de cet exercice difficile qu’est de faire un remake. Je dis « difficile » car selon moi il est loin d’être évident d’amener un souffle neuf à une œuvre déjà porté à l’écran.
Et bien pour donner tout de suite le fond de ma pensée, ce « Village des damnés » est un bel exemple de remake raté de A à Z !
Interprétation = Subtilité 0
Mise en scène = Caricaturale
Musique =  lourde
Photo = repoussante
Effets spéciaux = préhistoriques
Quand je me pose la question de savoir ce que cette version apporte de plus, la triste et unique réponse qui me vient en tête est : la couleur ! Et franchement c’est pas un cadeau tant ça donne un coté kitch à l’ensemble !
Pour résumer, « Le village des damnés » est un nanar total indigne du savoir-faire de John Carpenter. A oublier !
Ptite note : j’ai été frappé par la ressemblance physique de Christopher Reeve et de Kevin McCarthy, qui tenait lui aussi un rôle de médecin dans « L’invasion des profanateurs de sépultures« 

Very Bad Cops

Bon et bien je vais la faire courte et rater une fois de plus l’occasion de marquer à jamais l’histoire de la critique amateur. Ce sera pour une prochaine fois !
Very bad Cops
Sans disserter sur l’aspect strictement qualitatif d’un film dont la seule ambition est d’extirper un rire gras provenant d’un corps dont le cortex est volontairement débranché, je vais juste dire que j’ai passé un moment plutôt agréable.
Je n’ai pas de courbatures aux zygomatiques et encore moins de crampes aux abdos mais certaines scènes ou répliques m’ont fait rire… et c’est déjà pas mal.
Pour le reste, mieux vaut être fan de Will Ferrell.
Pour résumer, « Very Bad Cops » est une comédie lourde et potache mais qui reste tout à fait digeste pour les amateurs du genre et les fans de Will Ferrell … dont je suis !
Ptite note : Eva Mendes aime t’elle vraiment les comptables? Si c’est le cas, je sens que je vais me reconvertir !